Elle ne coûte rien.

Et pourtant une balade en forêt, véritable bain de santé et de bien-être, vaut une bonne séance de développement personnel. Tant les arbres nous aident à nous équilibrer.

L’ONU leur rend hommage, le 21 mars, avec la Journée internationale des forêts.

Presse - Les Echos

Étymologiquement, sylvothérapie vient du latin "silva" qui signifie "forêt/arbre" et thérapie qui est un moyen de prévenir, traiter, soigner une maladie. Le mot sylvothérapie serait donc le moyen de soigner une personne par son lien avec la forêt ou les arbres.

La sylvothérapie jouit d'un statut officiel au Japon sous le nom local de "shinrin-yoku " ce qui se traduit par "bain de forêt".

 

Des études scientifiques publiées dans des revues scientifiques internationales (voir les travaux du professeur Miyazaki) ont démontré les bienfaits sur la santé de simples promenades en forêt: accroissement de  la « vigueur », diminution d'indicateurs de stress (anxiété, dépression, colère).

Le Docteur Qin Li aurait montré quant à lui un renforcement de l'immunité.

Le bain de forêt - de multiples bienfaits pour la santé et le moral

L'activité la plus simple de la sylvothérapie, c'est la promenade en forêt.

Des études poussées ont été réalisées dans ce domaine, par le docteur Qin Li de la Nippon medical school, affirmant que de simples bains de forêt avaient un effet préventif sur l'hypertension, la dépression et les cancers.

Selon les recherches menées par le docteur, même un bref moment passé dans la nature peut suffire pour influer sur notre santé. « En plus de faire une pause technologique et de ralentir le rythme, un bain de forêt de deux heures permet de diminuer la pression artérielle et le stress grâce à une meilleure respiration, détaille le scientifique. Cela améliore également les fonctions cardiovasculaires et le métabolisme, diminue le taux de glycémie grâce aux ions négatifs produits par le frottement des branches, booste la concentration et la mémoire, fait disparaître la dépression, abaisse le seuil de douleur, donne plus d’énergie, accroît la production de protéines contre le cancer, facilite la perte de poids. » Rien que ça ! Intriguée par ces explications ? Chaussez vos bottes et direction le Parc Zoolandia pour vous forgez votre propre opinion !

Le professeur Miyasaki est l'auteur d'études solides et publiées dans des revues de références scientifiques. Elles montrent que l'immersion en milieu forestier a un effet anti-stress reflex sur le cerveau humain. Les facteurs identifiés à ce jour sont les couleurs de dominance verte, la lumière tamisée et les odeurs d'humus.

Une pratique ancienne

Si utiliser les arbres pour se faire du bien peut nous sembler saugrenu aujourd’hui, l’idée ne date pourtant pas d’hier. Depuis toujours, l’homme utilise la nature pour se soigner et les arbres en particulier. « Aristote s’intéressait déjà à leurs bienfaits, il pensait que leurs feuilles avaient des vertus chromatiques », raconte Laurence Monce, coach naturopathe et auteure de "Ces arbres qui vous veulent du bien", éditions Dunod. Plus près de nous, au Moyen Âge, la médecine s’est développée sur tous les continents en tirant parti des végétaux. « Avicenne, médecin de langue persane faisait déjà référence aux propriétés des plantes et des arbres pour guérir des maux divers, ajoute Laurence Monce, puis au XIe siècle, l’abbesse Hildegarde de Bingen préconisait du bouleau pour les tumeurs, de l’orme pour la fécondité et accordait une grande importance aux résineux qui apportaient de la force. » Au XIXe siècle, la mode était à l’aérothérapie, l’absorption d’air pur. Les balades en forêt étaient alors recommandées. « La science médicale venait de constater que les populations vivant près des forêts de conifères étaient moins touchées par les infections pulmonaires, le choléra ou la tuberculose, explique la coach naturopathe. » Enfin au XXe siècle, différents chercheurs et médecins ont mis en avant les bienfaits de la sylvothérapie, qu’ils recommandaient aux personnes souffrant de problèmes respiratoires, aux diabétiques, aux et aux dépressifs. Les curistes étaient alors allongés sur des chaises longues ou sur le sol, au plus près des branches, afin de profiter au mieux de l’oxygène rejeté par les arbres. Une pratique qui est ensuite tombée dans l’oubli…

Comment s'y prendre

 

Le bain de forêt ("shinrin-yoku" en japonnais) peut se résumer à une promenade dans les bois qui permet de s’oxygéner et de prendre de la distance avec l’effervescence urbaine.

Si cette marche s’effectue en prêtant attention à ses sensations, le bain de forêt devient une séance de méditation et de relaxation, voire une promenade de santé. L’Agence responsable des forêts au Japon a montré que le sang de personnes ayant marché dans les bois contient un taux de cortisol, l’hormone du stress, beaucoup plus bas que celui de personnes ayant couvert la même distance en ville. D’autres chercheurs constatent une diminution du sucre dans le sang ainsi que de la tension artérielle. Le bain de forêt peut durer 2 heures ou plusieurs jours.

Laurence Monce, naturopathe, propose cet exercice consistant à choisir deux arbres éloignés de quelques mètres et à tendre une ficelle entre eux, posée au sol. « Marcher ensuite le long de la ficelle en regardant par terre et en notant tout ce qu’on y voit. Faire la même chose dans l’autre sens et constater que l’on observe les choses avec un autre point de vue. C’est un excellent moyen de se déconnecter de ses pensées.

Pour réellement entrer en contact avec l’arbre, tous les sens doivent être en éveil, explique Laurence Monce.

 

  • Il faut écouter l’arbre, tous ne produisant pas la même musique lorsque le vent fait frémir leurs feuillages ou leurs épines. »

  • Le toucher, de préférence les yeux fermés, pour en deviner l’écorce, rugueuse ou douce, épaisse ou fine.

  • Le sentir, pour en respirer les terpènes, composés organiques naturels produit par les conifères et les feuillus, aux vertus dynamisantes.

  • Le regarder, pour profiter des bienfaits de sa palette de couleurs. Le bleu et le vert étant réputés pour être calmants. En observant tout simplement le ciel bleu à travers les branches des arbres verts, on va mieux.

  • Enlacer l'arbre, si possible loin des regards pour ne pas être parasité par la gêne.

  • Poser son front sur l'arbre.

  • S'adosser sur l'arbre.

« Fermez les yeux et enlacez le tronc en vous laissant imprégner de cette présence silencieuse ».

Le bénéfice survient quand l’esprit parvient « à faire la bascule et à envisager que c’est l’arbre qui nous enlace ».

 

- Jean-Marie DEFOSSEZ, biologiste et créateur du site sylvotherapie.net -

« Lorsqu’on s’adosse à un arbre, il est recommandé de se placer contre sa face nord, que l’on trouvera en observant le tronc, celle-ci possédant généralement de la mousse. Les pieds plantés au sol, si possible nus, les paumes de vos mains posées sur l’écorce, vous êtes ici et maintenant. »

- Laurence MONCE - Naturopathe

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